Cause arménienne

Le CCAF rend hommage à la mémoire de Monsieur Hrant Dink

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COMMUNIQUE du CCAF

Le Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France (CCAF) se félicite de la rencontre entre Monsieur Robert Kotcharian, Président de la République d´Arménie et Monsieur Ilham Aliev, Président de la République d´Azerbaïdjan, rencontre qui se déroulera à Paris le vendredi 10 février sous l´égide de la France et à l´invitation du Président Jacques Chirac.

Le CCAF tient à rappeler son attachement aux valeurs de paix et de solidarité qui doivent unir tous les peuples et confirme une nouvelle fois son soutien total à l´Arménie et au Haut Karabakh comme il réaffirme son souhait de voir préservés les intérêts supérieurs du peuple arménien.

A cette occasion, il tient à souligner que les destructions systématiques des lieux de mémoire et du patrimoine culturel arméniens par les autorités azerbaïdjanaises sur le sol même de l´Azerbaïdjan sont une atteinte au patrimoine de l´Humanité et doivent être condamnés avec la dernière énergie par toutes les instances nationales et internationales. Le CCAF exige donc l´arrêt immédiat de ces exactions et la mise en place par la République d´Azerbaïdjan d´un processus de réparation.

A cet égard, la récente résolution du Parlement Européen sur la politique de voisinage de l´Union qui « invite les autorités azerbaïdjanaises à mettre fin à la démolition de cimetières médiévaux arméniens et de croix historiques sculptées dans la pierre au sud du Nakhitchevan » et les récentes prises de position du Ministre Français des Affaires Etrangères à ce sujet sont de nature à confirmer l´importance fondamentale du préjudice causé. Le CCAF demande à toutes les formations politiques du Parlement Européen de voter une nouvelle résolution exigeant que soient mis fin à ces destructions intolérables de lieux de culture et de religion qui appartiennent désormais au patrimoine universel.

Le CCAF encourage toutes les actions condamnant ces atteintes à l´Histoire et à la mémoire d´un peuple et appelle tous les Arméniens de France, tous les défenseurs des valeurs de paix, de justice et de démocratie, à se rendre en nombre à la manifestation organisée par les trois partis politiques arméniens, le mardi 28 février à 18H30, devant l´ambassade d´Azerbaïdjan.

Paris, le 9 février 2006
 

A l´occasion de la Commémoration du 90e anniversaire du Génocide Arménien Toute l´Histoire consacre une Soirée spéciale au Génocide Arménien le dimanche 24 avril 2005 à partir de 20h40

Le 24 avril 1915, 600 notables arméniens de Constantinople sont assassinés sous l´ordre du gouvernement ottoman. C´est le début du premier génocide du vingtième siècle. Il fera près d´un million et demi de morts.

Quatre-vingt-dix ans plus tard, le génocide arménien n´est toujours pas reconnu par tous les Etats. Et notamment par la Turquie, principale bénéficiaire de l´héritage historique et culturel de l´empire ottoman.

Ce n´est que le 29 janvier 2001 que la France l´a reconnu. Il faut dire que la question est sensible, tant sont considérables les enjeux économiques et géostratégiques.

Alors que la Turquie frappe à la porte de l´Europe, elle nie toujours les faits, page sombre de son histoire. Pour combattre ce « négationnisme » ambiant, historiens, politiques et descendants de victimes témoignent.

Pour la commémoration du quatre-vingt-dixième anniversaire de cet épisode tragique de l´histoire des Arméniens, Toute l´Histoire propose une soirée spéciale, en deux parties, le 24 avril à 20h40. Cette soirée sera présentée par Michèle Cotta.

• La première partie est composée essentiellement d´une série d´interviews : Charles Aznavour, Robert Guédiguian, Patrick Dévédjian, tous trois d´origine arménienne ; André Santini et Alexis Govciyan, qui ont ardemment milité pour la reconnaissance du génocide arménien et enfin Yves Ternon, historien et spécialiste du génocide arménien.

• Dans seconde partie, Toute l´Histoire diffusera un documentaire inédit et original, « Mon fils sera Arménien » de Hagop Goudsouzian (2004), produit par l´Office national du Canada. Ce film pose la question : « Que veut dire être Arménien ? » et retrace le voyage initiatique de six Canadiens d´origine arménienne sur la terre de leurs ancêtres et leurs rencontres avec les survivants du génocide de 1915. Dont Mariam Avoyan, centenaire qui se souvient : « Le massacre a commencé aussitôt. On nous a emmenés. (…) La souffrance durant la marche était telle que certains parents devaient jeter leurs enfants dans la rivière. D´autres ne pouvaient plus marcher et se laissaient mourir sur place. »
 

OUI à l´EUROPE, OUI à la CONSTITUTION

Article paru dans la Revue PAREV Côte d´Azur n° 25 de mars 2005

Un nouveau rendez-vous avec l´Histoire est fixé à tous nos concitoyens et celui-ci est de taille. Il s´agit de nous prononcer, par référendum, le 29 mai prochain sur la future Constitution Européenne, pour nous permettre d´adapter les institutions politiques aux données politiques, actuelles et futures et pour donner une nouvelle impulsion démocratique et citoyenne au projet politique européen. En effet, comme chacun peut le comprendre, l´Europe des 25 doit disposer de règles communément partagées, et cela dans le respect des valeurs qui nous rassemblent .
Le projet de constitution a été élaboré par les gouvernements, mais aussi par les parlements de tous les pays membres, de toutes tendances politiques confondues. Ce texte, même s´il n´est pas parfait, n´est pas non plus, l´oeuvre de quelques juristes ou d´une poignée de politiques qui souhaiteraient aller dans un sens ou bien dans l´autre, mais plutôt, résulte du compromis démocratiquement organisé d´un meilleur vouloir vivre ensemble. Il suffirait pour cela, de regarder la composition des membres de la Convention présidée par M.Giscard d´Estaing et la liste des nombreuses organisations, y compris arménienne qui ont été auditionnées dans ce cadre.

Ce rendez-vous avec l´Histoire nous est fixé aussi et surtout pour pérenniser l´idée européenne, conséquence de la Seconde Guerre Mondiale, de ses horreurs, de la Shoah, et pour retrouver un continent pacifié, avec les maître-mots d´union, de paix et de partage de valeurs. Personne ne peut rester insensible devant une telle démarche politique, qui est toujours en devenir, et surtout pas les Arméniens qui ont eu tant à souffrir de la désunion des puissances européennes, de la guerre et qui ont subi un génocide et perdu une grande partie de leurs territoires. Aujourd´hui, ce qui reste doit être protégé et la vérité doit reprendre ses droits.

C´est pourquoi, il nous faut accompagner la construction européenne et voter « oui » à une étape aussi cruciale que celle-ci. Il s´agit de fédérer, de rassembler et d´organiser l´Europe politique afin de disposer d´outils et de méthodes et pour nous renforcer.

Le caractère fondateur de ce rendez-vous vient aussi du fait que la Constitution Européenne revêt un caractère démocratique parce qu´elle comprend la Charte des Droits Fondamentaux, le droit d´initiative citoyenne, le renforcement des pouvoirs du Parlement Européen et l´instauration d´un contrôle par les parlements nationaux.

Ces avancées démocratiques majeures doivent nous permettre d´aborder le vote par cet angle ouvert sur le monde, sur les voisins avec lesquels nous avons tant de choses en commun et non pas, par la voie nécessairement réduite du contexte politique franco-français.

Cela ne veut pas dire qu´il n´y a pas de problèmes dans notre pays mais le texte européen ne doit pas souffrir du contexte français pour lequel nos concitoyens pourront s´exprimer dès 2007. Ce rendez-vous immédiat est tout autre et suffisamment important, pour qu´on essaye de prendre la hauteur politique nécessaire et non partisane.

En écrivant cela, je me rends bien compte qu´il est impossible d´oublier les difficultés de la vie, la colère de nos concitoyens de ne pas avoir été entendus sur la candidature de la Turquie à l´Union Européenne, l´incertitude que nous avons du lendemain et de la manière dont les responsables politiques, actuellement aux commandes du pays envisagent même le présent.

La perte de confiance dans les discours non suivis d´actes, nous met dans une position où l´interrogation pour voter « non » et de « donner une leçon à tous ces politiques qui ne nous écoutent pas » pourrait subsister. Là encore, il me paraît indispensable de faire la part des choses entre ce qui nous interroge et ce qui constitue le dessin politique le plus important auquel nous devons participer. Nous avons collectivement cette responsabilité, parce que le vote nous appartient et nous sommes consultés pour cela.

Ces outils dont nous allons doter l´Europe, permettront aussi d´éviter une inflation d´élargissement et la perspective d´une Turquie, en tous cas, celle d´aujourd´hui, qui entrerait dans l´Union Européenne. La Constitution, si elle est adoptée, prévoit qu´un seul Etat peut bloquer une adhésion et ce à deux moments : ouverture des négociations ou leur conclusion. Dans cette perspective, la France s´est déjà dotée par le vote du Congrès du 28 février dernier, de la capacité de faire appel au peuple pour qu´il puisse s´exprimer conformément au cadre de la Constitution Européenne.

Les négociations avec Ankara seront longues et difficiles, tout le monde en est conscient. Les autorités, l´armée, mais aussi tout le peuple turc, devront entreprendre d´énormes changements et se mettre aux normes européennes pour notamment respecter les valeurs de l´Union, les droits de l´homme, et accepter que puissent exister le pluralisme, la tolérance, la justice, la solidarité et la non-discrimination.

C´est aussi dans ce cadre que se placera la nécessaire reconnaissance par la Turquie du génocide arménien de 1915 et de ses conséquences désastreuses. Enfin, le maintien, le développement et la sécurité de l´Arménie et du Haut-Karabakh feront partie du processus.

Comme on peut le comprendre, si nos dirigeants n´ont pas écouté, à tort, leurs concitoyens pour l´ouverture des négociations, ils se sont heureusement ravisés, cédant en cela aux pressions des parlementaires et des formations politiques pour poser la question au moment de la conclusion des négociations. Il faut donc prendre acte de cette donne et faire en sorte qu´une Constitution Européenne, comme celle-ci, nous permette d´agir, au moment opportun .

Avec ce rendez-vous européen, il s´agira en effet d´agir pour l´avenir et pour une Europe politique forte, et non pas de réagir au présent et à notre contexte immédiat.

Alexis Govciyan
 

Intervention d´Alexis Govciyan sur I>TéLé - 17 décembre 2004


Intervention d´Alexis Govciyan au journal télévisé de TF1 - 15 décembre 2004, 13 h


Découvrez l´interview d´Alexis Govciyan sur les ondes d´Europe 1 Emission de Catherine NAY - 22 octobre 2004, 13h15 -

Pour la première fois, la candidature d´un Français d´origine arménienne fût prise en compte, en position d´éligibilité, pour les élections européennes. Aussi, j´ai l´honneur d´être candidat, en troisième position, sur la liste de l´UDF, pour la circonscription du Grand Sud Est (Rhône Alpes, Provence Alpes Côte d´Azur et Corse). Cela mérite me semble-t-il, quelques commentaires.

Comme chacun le sait, les parlementaires UDF ont joué un rôle important dans la reconnaissance par la France du génocide arménien de 1915. En effet, depuis longtemps, des personnalités comme Rudy Salles, André Santini, Michel Mercier ou bien François Rochebloine n´ont ménagé aucun effort pour que les Arméniens puissent obtenir justice et vérité. Bien évidemment, d´autres responsables et formations politiques se sont également et très fortement mobilisés et personne ne saurait prétendre seule à la paternité du résultat positif de toute cette action. Mais il faut bien rappeler que François Bayrou est personnellement intervenu pour que le Sénat s´empare enfin du dossier dans de bonnes conditions et c´est à François Rochebloine et au groupe UDF de l´Assemblée Nationale que les Arméniens doivent le vote définitif, en deuxième lecture de la loi. Sans eux, la date du 18 janvier 2001 ne serait pas entrée dans l´histoire, en tous les cas, le processus aurait été tout simplement retardé.

C´est dans ce contexte de travail, et basé sur des liens d´amitié que je me place aujourd´hui. Pour les élections européennes de 1999, l´UDF m´avait déjà proposé d´être candidat sur sa liste. Etant à cette époque Président du Comité du 24 Avril, regroupement des organisations arméniennes de France, en pleine bataille au Sénat, j´avais alors estimé qu´il y avait incompatibilité entre les deux fonctions. J´avais donc tout simplement décliné l´offre de l´UDF relayée alors par André Santini, ancien ministre, député-maire d´Issy les Moulineaux.

Cette fois-ci, nous avons reparlé des élections avec Rudy Salles, vice-président de l´Assemblée Nationale, député des Alpes-Maritimes, et il me semble que le moment est venu pour moi, de m´engager, dans la mesure où les échéances qui nous attendent sont toutes désormais au niveau européen et il nous faut y porter une voix très engagée.

Les valeurs d´humanisme véhiculées par cette formation politique, les femmes et les hommes qui la composent, la personnalité de Thierry Cornillet, député européen, tête de liste, me permettent de déterminer ce choix. Bien évidemment, ma candidature n´est pas contre les autres formations politiques parmi lesquelles je compte beaucoup d´amis mais plutôt pour le maintien, la sauvegarde et le développement des idées de justice et de vérité que je défends.
Dans ce cadre, la question de l´examen de la candidature de la Turquie sera tout naturellement au cœur de mon engagement. Il faut rappeler sans cesse qu´elle doit, sans plus tarder, reconnaître le génocide arménien de 1915, évacuer Chypre Nord et permettre à ses minorités d´avoir les mêmes droits que l´ensemble de ses citoyens. En fait, le Parlement Européen doit constamment lui rappeler sa résolution du 18 juin 1987 pour qu´elle entame tout simplement une mutation démocratique. Sans cela, cette Turquie-là ne saurait avoir une quelconque prétention au sein de l´Europe, même pour un partenariat que l´on pourrait qualifier de privilégié.

Bien évidemment, des parlementaires de tous pays et de toutes origines pourraient évoquer ces questions et certains le font même, sans doute, très bien. Mais je pense être bien placé pour avoir la sensibilité et la conscience nécessaires pour introduire la cause arménienne dans tous les débats concernant ce sujet majeur. Pour moi, comme pour nous tous, descendants et héritiers des victimes du génocide, c´est non seulement un devoir de mémoire, mais aussi et surtout, un devoir de mobilisation permanente.

C´est pourquoi, cette question faisant partie intégrante des droits de l´homme, si je suis élu, je m´engage à travailler au sein du Parlement Européen dans ce sens, avec toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté. En effet, je considère que les clivages politiques traditionnels n´ont pas la même signification pour ce type d´élections, au cours desquelles il s´agit surtout d´organiser l´avenir européen.

Quelle Europe voulons-nous ? Avec quelles valeurs ? Quelles frontières ?

Autant d´enjeux qui dépassent le cadre étriqué des clivages gauche-droite tels qu´on peut éventuellement connaître pour les scrutins classiques. C´est d´ailleurs ce qui m´a décidé à entrer en campagne, aux côtés de l´UDF, sans toutefois avoir besoin d´une étiquette partisane, pour porter les valeurs auxquelles je crois. Les enjeux de ce scrutin sont énormes et l´objectif est de bâtir une Europe dans laquelle il fasse bon vivre. Je ne perds pas de vue l´Arménie qui doit avoir des liens très forts avec l´Union Européenne, dans l´intérêt de sa sécurité et de son développement.

Enfin, les valeurs que je défends sont celles relatives à l´homme et dans ce sens, la défense de l´artisanat français, européen et des petites entreprises est également très importante. En ma qualité de Directeur de l´Institut Supérieur des Métiers, je suis très impliqué dans ce domaine qu´il est absolument indispensable de développer, pour l´emploi et la cohésion sociale.

La troisième place sur la liste du Grand Sud Est peut être éligible à condition toutefois que tout le monde se mobilise et veuille marquer la différence sans considération autre que celle de faire porter une voix arménienne au sein du Parlement Européen.