Articles écrits sur Alexis

Interview parue sur le site du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF) (16 janvier 2012)

Cliquez ici pour lire cette interview

« Innover pour rester compétitif » - Article paru dans Le Monde des artisans - mai juin 2010

Cliquez ici pour lire cet article

« Arméniens et juifs, nous avons une communauté de destin »
Interview parue sur le Crif - 15 avril 2010

Vous êtes le président du CCAF et de l'UGAB-Europe. Quel est le champ d'action de ces organisations ?

Ce sont deux entités différentes. L'UGAB-Europe dépend de l'organisation mondiale Union Générale Arménienne de Bienfaisance dont le siège social est à New York et qui fonctionne par branches nationales et continentales. Il s'agit d'une des plus anciennes organisations arméniennes (création en 1906, au Caire, en Égypte). Elle compte des dizaines de milliers de membres répartis sur les cinq continents et sa mission est de maintenir et de développer l’identité et l’héritage du peuple arménien. Dans ce cadre, ses activités sont multidimensionnelles : culture, éducation, actions sociales et humanitaires, réseaux professionnels et actions politiques pour la défense de la cause arménienne, (reconnaissance du génocide par la Turquie et les conséquences qui en découlent, soutien à l'Arménie et au droit à l'autodétermination du Haut-Karabakh). C'est une organisation qui s'inscrit dans une approche inclusive de l'identité arménienne dans la mondialisation, c'est à dire qu'elle est ouverte à toutes les bonnes volontés pour peu qu'elles s'inscrivent en conformité avec nos principes fondateurs. Aussi, l’UGAB-Europe agit pour remplir toutes ces missions et aussi pour servir de plate-forme auprès des instances européennes.

Le CCAF (Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France), dont l'UGAB est membre-fondateur, regroupe la majeure partie des organisations arméniennes de France. Constitué en organisme national à partir de trois conseils régionaux (Paris Ile-de-France, Rhône-Alpes, PACA), le CCAF a une mission de représentation auprès des pouvoirs publics et d’action pour tout ce qui concerne l’intérêt général de la communauté arménienne de France. C'est un Conseil qui est jeune, créé en 2001, à la suite d’une autre structure, Comité du 24 Avril mais qui a, déjà, en si peu de temps enregistré quelques résultats encourageants : le plus important étant l'union des Français d'origine arménienne, un soutien sans faille à l'Arménie, l'adoption de la loi sur la reconnaissance par la France du génocide des Arméniens et surtout le combat pour les valeurs essentielles et dans ce cadre, la lutte contre le négationnisme, quel qu'il soit.

Combien y-a-t-il d'Arméniens en France ?

On estime aujourd'hui le nombre d'Arméniens en France à près de 500 000 personnes. Mais il s'agit très essentiellement de Français d'origine arménienne que d'Arméniens résidant en France. Il y a en effet une diaspora ancienne, celle qui remonte à l'après-génocide de 1915 et une diaspora plus récente, celles marquées par les crises au Proche-Orient et dans l'ex-URSS.

Voici quatre ans, l'Assemblée nationale avait voté une loi reconnaissant le génocide des Arméniens. Depuis, rien. Pourquoi ?

Il s’agissait non pas d’une loi reconnaissant le génocide des Arméniens (c’était fait dès 2001) mais d’une loi pénalisant la négation en France de ce génocide. Il faut tout d’abord rappeler que cette loi est d'abord une grande victoire pour tous ceux et celles qui luttent pour la vérité historique. C'est aussi une victoire pour les valeurs de la France, terre des droits de l'homme et du combat universel pour les libertés. En effet, après la reconnaissance par la France, du génocide des Arméniens, le 29 janvier 2001, le CCAF s'est attelé à l'adoption d’une loi portant sur la sanction de la négation du génocide considérant que le combat ne pouvait s'arrêter à une déclaration publique, fut-elle très importante. En effet, elle était incomplète car n'importe qui pouvait en toute impunité nier la réalité du génocide. Et c'est arrivé à plusieurs reprises, et parfois de manière violente sur le territoire de la République y compris, depuis l'adoption de la loi en 2001. Vous le savez bien, la négation du génocide est une offense à la mémoire des victimes, et une insulte, une atteinte à la dignité de leurs descendants. Ainsi, grâce à notre démarche unitaire et républicaine, l'Assemblée nationale a voté le texte le 12 octobre 2006. Depuis, le Sénat bloque, en tout cas, ne prend aucune initiative pour mettre à l’ordre du jour de ses travaux l’examen de ce texte.

C'est en fait un processus qui nécessite patience et détermination. Patience, car le contexte national et international est sensible. Détermination, car nous irons jusqu'au bout.

Clarifions les choses, notamment à l'adresse de ceux qui s'opposent à ce qu'ils appellent cyniquement des « lois mémorielles » : il ne s’agit pas d’une loi mémorielle car la lutte contre le négationnisme ne relève pas de l'Histoire, comme le dit à juste titre Bernard Henri Levy, mais du Droit, a fortiori lorsqu'il s'agit d'un négationnisme d'Etat, c'est à dire un négationnisme devenu l'un des axes fondateurs de la diplomatie turque. A fortiori aussi lorsque le négationnisme constitue une atteinte à l'ordre public et la paix civile. Je dois vous dire que je suis très inquiet car il y a de plus en plus de propos et d’actes négationnistes de la part de citoyens français d’origine turque, souvent manipulés mais pas seulement et il n’est pas bon de faire face à ce genre de situation dans notre République qui est celle du vivre ensemble. Ces citoyens participent ou organisent des manifestations négationnistes, dans les écoles, on remet en cause la réalité du génocide et même chez certains élus locaux d’origine turque, cela devient aujourd’hui manifeste. Pour la défense de l'ordre public, nous ne pouvons plus entendre parler de profanation de cimetières juifs ou autres, de monuments dédiés aux victimes des génocides. Nous ne pouvons plus nous contenter de messages de soutiens contre ces attaques antisémites, racistes ou anti-arméniennes. Car même si les attaques contre les cibles arméniennes sont moins nombreuses que les actes antisémites en France, elles sont graves et préoccupantes pour l'ordre public.

Pour l'instant, l'affaire de la loi semble donc bloquée. Certains prétendent que le processus de normalisation des relations entre l'Arménie et la Turquie y serait pour quelque chose. C'est chronologiquement faux car elle a été bloquée avant ce processus, qui précisons-le, est aussi au point mort aujourd’hui. C'est politiquement faux également car notre démarche est républicaine et démocrate. Nous ne voulons pas importer en France le problème entre l'Arménie et la Turquie pour la simple et bonne raison que le génocide a été commis alors que l'Arménie n'existait pas en tant qu'Etat.

Il s'agissait d’un pouvoir central (Jeunes Turcs) responsable de l'extermination d'une frange de sa population au motif qu'elle était Arménienne. C'est le régime Jeune-Turcs à la tête de l'Etat ottoman qui a ordonné les massacres de ses sujets Arméniens ottomans, deux tiers de la population arménienne a ainsi été exterminée.

Notre approche n'est donc pas indexée à ce qui se passe là bas entre deux Etats.

Nous réagissons et agissons en tant que Français d'origine arménienne et non comme un instrument communautariste, car telle n’est pas du tout la vision que nous avons de notre destin.

On assiste à un rapprochement entre l'Arménie et la Turquie ? Pourquoi ? Qu'en espérez-vous ?

L'Arménie est un pays enclavé géographiquement et frappé par un blocus turco-azéri entamé en 1989 et durci en 1993. Il faut rappeler que sa frontière avec la Turquie est fermée par décision unilatérale d’Ankara. Or, personne ne dénonce en dehors de nous, ou presque, cette injustice sous nos yeux.

Nous devons vivre dans un monde ouvert. L'Arménie a besoin de se développer et de s'intégrer aux marchés internationaux. Son désenclavement est un long processus qui doit passer aussi et surtout par la Turquie. Mais une Turquie en phase avec son passé, qui cesse ses menaces récurrentes contre un peuple et une civilisation trimillénaire que le régime jeune-turc au pouvoir dans l'Empire ottoman agonisant a éradiqué en quelques années.

Ce rapprochement pourrait constituer aussi une marque de paix et de stabilité pour la région, si chacun remplit, comme je vous l'ai dit, honnêtement ses responsabilités.

Nous attendons de la Turquie qu'elle renonce définitivement à son négationnisme d'Etat, son mensonge permanent à l'égard du génocide et qu'elle arrête de menacer ceux et celles qui en Turquie ou ailleurs défendent la cause arménienne. Qu'elle mette aussi un terme à son arsenal judiciaire contre ceux et celles qui à Istanbul, à Ankara ou ailleurs défendent la vérité historique, parfois au prix de leur vie. Rappelons que le journaliste arménien de Turquie, Hrant Dink a été assassiné parce qu'il était Arménien et pour avoir oser dire et écrire la vérité sur 1915.

Nous attendons également le début d'un processus de réconciliation qui doit prendre pour point de départ la réalité du génocide.

Aucune personne, en Arménie comme en diaspora, aucune personne non-arménienne pour peu qu'elle soit honnête et de bonne foi ne remet en question la réalité du génocide. En Turquie, la société civile turque s'est d’ores et déjà emparée de son histoire et souhaite faire face à son passé. Aux politiques turcs d'en faire autant.

De la même façon, sur la question du Haut-Karabakh, les pressions sur l’Arménie doivent cesser. Dans ce cas, il s’agit d’une province arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan en 1921 par Staline. A chaque période de « libéralisation » du régime soviétique, les Arméniens, largement majoritaires dans la province, ont demandé leur attachement à l’Arménie, au nom de la justice et pour lutter contre l’azerbaïdjanisation du Haut-Karabakh. En 1988, cette demande s’est exprimée par le biais de manifestations soutenues d’immenses rassemblements en Arménie et dans la diaspora. Bakou a répondu par la répression, les pogroms et les exactions. Résultat, à la chute de l’URSS, une guerre a eclaté entre Arméniens et Azerbaïdjanais. En 1994, après une victoire militaire des Arméniens, un cessez-le-feu a été signé sous l’égide de la Russie puis de l’OSCE, laquelle a mis en place le groupe de Minsk co-présidé par les Etats-Unis, la France et la Russie. Il s’agit, pour les Arméniens de maintenir et développer le Haut-Karabakh, alors que la Turquie, alliée d’Azerbaïdjan fait pression sur l’Arménie, depuis 1993. C’est ainsi qu’elle a fermé sa frontière avec l’Arménie et pratique encore aujourd’hui un blocus terrestre. Par conséquent, on ne peut rien espérer d’un semblant de rapprochement, si les questions fondamentales ne sont pas a priori abordées et réglées, et celle-ci est pour nous une question fondamentale.

Quelles relations entretenez-vous avec la communauté juive et son porte-parole politique le CRIF ?

Nos relations sont globalement étroites et de confiance et elles sont appelées à l'être de plus en plus. Etroites, car nous sommes deux peuples issus d'un passé terrible et d'un génocide. Nous avons un devoir envers les victimes et là, il convient de rappeler le soutien important du CRIF et de la communauté juive, lors du vote de la loi pour la reconnaissance du génocide. Il y avait eu une véritable mobilisation appuyée d’ailleurs par un appel solennel de 123 historiens mondiaux spécialistes de la Shoah pour que la France vote une telle loi et pour qu’il y ait une reconnaissance internationale. Vous savez, nous avons une communauté de destin, car nous comprenons mutuellement nos souffrances, ces blessures que nous portons en nous. Relations de confiance aussi, car nous avons des visions et objectifs communs : la défense des valeurs de la République, la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme et la défense des normes universelles sur le concept de génocide. On ne peut pas placer sur un même plan ce qui s'est passé en 1915 contre les Arméniens, ou ce qui s'est passé entre 1939-1945 dans toute l'Europe contre les Juifs, avec ce qui se passe en Palestine ou ailleurs. En effet, lorsque la Turquie parle de « génocide » pour ce qui se passe à Gaza, elle commet une grave erreur. Ankara commet d’ailleurs la même erreur pour le Xingjiang avec les Ouïgours, minorité musulmane réprimée par la Chine. Or Gaza et Xingjiang ne sont en rien des génocides ! Il faut le dire et le répéter. Ankara a-t-il l’intention par ces procédés pernicieux mais grotesques d’invalider la définition universellement reconnue du génocide ? Les autorités turques veulent-elles disqualifier le concept de génocide ? On est en droit de se poser la question… d’ailleurs, comment expliquer le rapprochement entre l’Iran, le Soudan et la Turquie, qui chacun derrière le masque du négationnisme dénonce la réalité d’un génocide (Shoah, Darfour, Arméniens) ? C’est une question grave qui ne doit pas laisser passifs nos décideurs et législateurs, car le négationnisme d’Etat dans lequel la Turquie excelle depuis 90 ans fait des petits en Iran et au Soudan.

Que répondez-vous à ceux qui s’inquiètent des relations entre l’Arménie et l’Iran ?

S’agissant du négationnisme, j’ai parlé de l’Iran et son attitude envers Israël est inacceptable et doit être combattue par tous les moyens. Mais, l’Arménie est frappée par un double blocus imposé par l’Azerbaïdjan et la Turquie, depuis 1989 d’un côté et 1993 de l’autre. L’Arménie est donc un Etat enclavé, dont les ravitaillements en vivres et gaz passent par la Géorgie et l’Iran. Aussi, l’Arménie n’a pas le choix et sait que la collaboration avec l’Iran peut avoir des conséquences dans ses relations internationales, mais Erevan exige la levée du blocus pour pouvoir diversifier ses approvisionnements et ne plus dépendre des relations aléatoires entre la Russie et la Géorgie d’une part et des relations incertaines entre la communauté internationale et l’Iran d’autre part. Attention cependant aux raccourcis, tenez, prenons l’exemple de l’Azerbaïdjan qui collabore étroitement avec l’Iran tout en fournissant 20% du pétrole et du gaz à Israël ! Vous mesurez bien là dans quelle situation nous nous trouvons… C’est pour cela que la solidarité arméno-juive, au nom de l’histoire, des victimes des génocides et d’une conception commune de l’Humanité et de l’éthique internationale, doit être plus forte que la raison d’Etat et elle l’est dans les faits. Pour l’Etat arménien et pour les Arméniens du monde entier, la Shoah constitue l’inimaginable que les nazis ont commis, pour les juifs et la société israélienne, le génocide subi par les Arméniens est une réalité, c’est parce que nous nous comprenons dans la douleur, la mémoire et le respect de la dignité, même si l’Etat d’Israël n’a pas encore reconnu le génocide de 1915, au nom de ses relations avec la Turquie.

Interview parue dans Nor Haratch, journal trihebdomadaire en langue arménienne (6 mars 2010)

Cliquez ici pour lire cette interview

Interview parue dans Intercommunalités (n°142 - février 2010)

Cliquez ici pour lire cette interview

Article "Les réponses de l'UMP-Nouveau centre" paru dans Nouvelle d'Arménie Magazine (n°161)

Cliquez ici pour lire cet article

Article "Entreprises du patrimoine vivant" paru dans Le Moniteur (n°17, février 2010)

Cliquez ici pour lire cet article

Interview paru dans le Journal de l'Association des médecins israélites de France - AMIF (n°598, février 2010)

Cliquez ici pour lire cette interview

"La dynamique du changement dans la TPE" paru dans la lettre de l'Observatoire de la petite entreprise (n°35, janvier 2010)

Cliquez ici pour lire cet article (page 3 et 4)

Partenariat artisanat université - Mise en place d´un groupe de travail

Article publié par le Magazine tunisien spécialisé "Profession Tourisme" du mois de novembre 2009
Cet article fait suite aux nombreuses missions qu´Alexis a réalisé en Tunisie en qualité d´expert dans le cadre d´un programme d´appui à la mise en oeuvre de l´Accord d´Association (P3A) - Jumelage « renforcement des capacités institutionnelles de l´Office National de l´Artisanat (ONA) pour la promotion du secteur de l´Atisanat » dont les Partenaires sont la Tunisie, l´Espagne et la France.
Lire cet article

Val d'Oise

Cliquez ici pour lire l´article

L’Arménie martyre

Cliquez ici pour lire l´article en ligne

Un an après l’assassinat du chef de la communauté arménienne de Turquie, Hrant Dink, abattu le 19 janvier 2007, à Istanbul, France Soir a voulu recueillir les propos autorisés de l’un des protagonistes de la communauté arménienne de France et d’Europe, Alexis Govciyan, président du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (UGAB)

Par Alexandre del Valle*

FS M Govciyan, vous étiez proche de Hrant Dink, abattu il y a un an de deux balles dans le dos aux cris de « Allah Akbar » par un nationaliste turc anti-arménien. Qu’ incarnait pour vous et pour les Arméniens Hrant Dink ?
AG/ Hrant Dink, incarnait pour le monde entier, l’espoir d’une Turquie moderne, ouverte et démocratique, prête à affronter son Histoire et dans laquelle toutes les identités culturelles pourraient cohabiter dans la paix et la tolérance. Il avait fait l’objet d’un harcèlement judiciaire continu pour ses prises de position sur la reconnaissance du génocide arménien et sur les nécessaires changements de la société turque en matière de liberté d’expression, de droits de l’Homme et de démocratie. Il avait été condamné en 2005 à six mois de prison avec sursis par le tribunal d’Istanbul au titre de l’article 301 du code pénal turc et était l’objet de menaces permanentes par ce que l’on appelle en Turquie « l’Etat profond ».

FS Pourtant, Dink était connu pour son respect de la nation turque, son patriotisme, son engagement en faveur du dialogue… AG/ Oui, il se considérait comme un Arménien citoyen de Turquie dont le combat devait servir au rapprochement de ces deux peuples auxquels il se sentait également attaché. En assassinant l’homme, le meurtrier et ses commanditaires, proches des milieux nationalistes et de l’Etat ont voulu assassiner les espoirs qu’il avait fait naître.

FS Quelle fut votre réaction ?
AG/ Le Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France (CCAF) avait dénoncé ce crime odieux qui, au-delà des sentiments de douleur et de révolte qu’il suscite, prive la démocratie et les droits de l’Homme d’un de ses plus grands défenseurs. J’avais tenu à être présent aux obsèques de Hrant Dink, avec une délégation du CCAF pour rappeler la solidarité des Français d’origine arménienne avec la famille du journaliste assassiné, avec la communauté arménienne de Turquie et avec tous les démocrates turcs qui se battent pour la reconnaissance du génocide.

FS/ Quelle a été l’attitude de la Turquie depuis ?
Les autorités turques n’ont toujours pas fait la lumière sur cet assassinat dans lequel semblent effectivement impliquées les différentes composantes de l’Etat à plusieurs niveaux. Ses proches, membres de sa famille et amis continuent même à être l’objet de poursuites et de harcèlements divers, toujours au titre de ce fameux article 301 du Code Pénal Turc encore en vigueur, qui punit tout individu exprimant des opinions pour la reconnaissance du génocide arménien ou bien pour l’évacuation de Chypre illégalement occupé par l’Armée Turque depuis 1974.

Premier carre. Le 19 janvier 2007, dans le quartier de Chichli, cœur historique d’Istanbul, Hrant Dink est assassiné froidement devant son journal AGOS de plusieurs balles dans la tête. Dink avait connu la prison, les tortures. Il avait traversé les épreuves de la dictature, des harcèlements policiers, des ultra-nationalistes-islamistes turcs qui voulaient sa peau depuis longtemps.
Mais loin d’en vouloir aux Turcs, il expliquait qu’il était « fier d’être turc », que la Turquie était une grande nation, que les Arméniens de Turquie devaient impérativement réconcilier leur identité arménienne avec leur Patrie turque. En dépit de sa certitude d’être menacé, il pardonnait d’avance à ses bourreaux ultra nationalistes turcs, selon lui manipulé par le fascisme d’Etat.
Son rêve de réconciliation arméno-turque lui permettait de soutenir l’Arménie dans le monde et en Turquie, tout en fustigeant la turcophobie en Europe et en Arménie. Il était d’ailleurs favorable à l’entrée de la Turquie dans l’UE. Il n’a pas été payé en retour… Depuis la magnifique île au large d’Istanbul où il résidait chaque été depuis 20 ans, Hrant Dink nous expliquait qu’il ne désespérerait jamais de la Turquie et des Turcs. Non pas parce qu’il était naïf, mais parce qu’il estimait que la force du dialogue allait un jour changer les Turcs les plus remplis de préjugés. Héros humaniste, il mettait un point d’honneur à distinguer toujours entre le régime dictatorial qui avait commis le génocide et la Turquie moderne. Pour lui, les premières victimes de cette idéologie raciste ultranationaliste et islamiste - qui a conduit au génocide des Arméniens et avec eux de l’essentiel des Chrétiens de Turquie (Assyro-Chaldéens, Grecs, etc.) - sont les Turcs eux-mêmes, endoctrinés par les partis d’extrême-droite, l’idéologie nationaliste et les mouvements islamistes.
Comme l’assassinat de prêtres et l’agression d’Alevis de juifs ou de Chrétiens, celui de Hrant Dink s’inscrit dans le cadre de cette fanatisation islamo-nationaliste contre laquelle manifestaient au début du mois de janvier des milliers de Turcs alévis et laïcs inquiets de la politique de réislamisation du parti du Président Gül et du Premier Ministre Erdogan actuellement au pouvoir à Ankara.

Carre 2 Un an après cet assassinat, le CCAF rend hommage à la mémoire de ce grand journaliste et organise plusieurs événements. Tout d’abord, en partenariat avec l’Association Sourp Khatch Tebrevank et l’Association Ecole bilingue Sainte Croix de Varak le vendredi 18 janvier 2008, à 20 h 30, une Conférence-débat, à l’école Hrant Dink d’Arnouville les Gonesse, avec la participation effective de deux personnalités de Turquie, Maître Ümre Deniztuna, Avocate et Ochin Tchilingir, écrivain. Toutes les organisations arméniennes d’Arnouville et les environs seront également associées à cet événement auquel participeront des membres de la famille de Hrant Dink et ses amis. L’objectif de cette conférence-débat, dans une école qui porte désormais son nom, est de rappeler la mémoire de Hrant Dink et d’examiner l’évolution de la situation en Turquie. Le samedi 19, le CCAF fera déposer une gerbe sur la tombe de Dink, à Istanbul. Une messe de requiem sera organisée le dimanche 20 janvier à 11h00 en la Cathédrale Arménienne de Paris de la Rue Jean Goujon ainsi qu’une cérémonie de recueillement et de dépôt de gerbes qui aura lieu à 13h00 à la Statue de Komitas (Cours Albert 1er Paris 8e).

*Auteur, avec Emmanuel Razavi, du Dilemme turc, les vrais enjeux de la candidature d’Ankara, Les Syrtes, 2006.

** Ecole Hrant Dink 40-42 Rue Saint Just 95400 Arnouville les Gonesse

Site Internet d´Alexandre del Valle : www.alexandredelvalle.com

 

ARTICLE PUBLIÉ SUR WIKIPEDIA

Septembre 2007
Voir l´article

 

INTERVIEW PARUE DANS LE N°133 DE NOUVELLES D´ARMÉNIE MAGAZINE

Septembre 2007
Voir l´interview au format pdf

 

MANIFESTATION DEVANT L´AMBASSADE D´AZERBAÏDJAN POUR DÉNONCER LA POLITIQUE ANTI-ARMÉNIENNE DE L´ÉTAT D´AZERBAÏDJAN

28.02.06
Voir les 2 articles écrits à ce sujet : 1 - 2

 

INTERVIEW PAR LA JOURNALISTE DEVRIM SEVIMAY POUR LE QUOTIDIEN TURC VATAN

20.09.05
Voir l´interview en ligne

 

CONFÉRENCE D´ALEXIS GOVCIYAN DEVANT LA COMMUNAUTÉ GRECQUE

10.05.05
Télécharger le bulletin
Lire le résumé en ligne

 

INTERVIEW D´ALEXIS GOVCIYAN

Sept.04
Voir l´interview

 

L´UDF REVENDIQUE UN "ADN" EUROPÉEN

19.05.04

 

LES ARMÉNIENS DE FRANCE RÉPONDENT VIVEMENT AU CHEF DE L´ÉTAT

Article de Christiane Chombeau et Nicolas Weill
PARU DANS L´ÉDITION DU 02.05.04

Interrogé, mercredi 29 avril, pour savoir s´il ferait de la reconnaissance du génocide arménien une condition préalable à l´entrée de la Turquie dans l´Union européenne, Jacques Chirac a répondu qu´il s´agissait, selon lui, "d´un problème qui concerne les relations entre la Turquie et l´Arménie". "J´observe avec satisfaction qu´il y a dans ce domaine une évolution positive et je m´en réjouis, a-t-il ajouté. On ne peut pas non plus, sur le plan bilatéral, juger de tout l´avenir en fonction exclusivement du passé." Cette phrase n´a pas été du goût des associations arméniennes.
Le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) s´est ainsi "étonné" des déclarations du chef de l´Etat, rappelant que les autorités françaises avaient elles-mêmes - sous sa présidence - reconnu le génocide arménien. "Si cette question relative à un crime contre l´humanité ne concerne que les relations bilatérales entre ces deux pays, pourquoi le président a-t-il promulgué, le 29 janvier 2001, une loi votée à l´unanimité au Parlement et par laquelle la France reconnaît publiquement le génocide arménien ?", s´est interrogé le CCAF, redoutant que M. Chirac "se lave personnellement les mains de l´extermination des Arméniens de Turquie, dont une partie a trouvé refuge en France". Parmi les responsables politiques, le président de l´UDF, François Bayrou, qui avait demandé, au mois de mai 2000 au Sénat, la reconnaissance officielle du génocide arménien, a, lui aussi, critiqué les propos de M. Chirac : "J´ai été troublé et je n´ai pas approuvé les déclarations du président de la République sur le génocide Arménien", a-t-il déclaré. M. Bayrou a estimé qu´invoquer un simple "problème bilatéral" sur la question arménienne revenait à juger que "les exterminations ne concernent que les communautés ou les ethnies qui en sont les victimes".

LE 24 AVRIL 1915
Dans un récent ouvrage - intitulé "24 avril" (Cherche Midi) -, Alexis Govciyan, qui présidait le CCAF jusqu´en 2002, a relaté étape par étape la longue hésitation, de 1998 à 2001, du Parlement français devant les menaces de rétorsion turques. La date du 24 avril renvoie au début des opérations génocidaires en 1915. Le préfet de police d´Istanbul donna ce jour-là l´ordre à ses hommes de rafler les notables arméniens de la capitale ottomane, qui seront déportés puis assassinés à l´instigation du gouvernement nationaliste des "jeunes Turcs". Le nombre des victimes varie selon les estimations, les Arméniens revendiquant un million et demi de tués. C´est à partir de la commémoration du cinquantième anniversaire du génocide, en 1965, marquée par une grande manifestation à Paris, qu´a émergé, en France, la revendication d´une reconnaissance du génocide.
La communauté arménienne s´est toujours montrée particulièrement sourcilleuse face à toute position qualifiée de "négationniste". C´est ainsi qu´elle intenta un procès à l´orientaliste américain Bernard Lewis, qui fut condamné en juin 1995. Elle obtint moins de succès dans son opposition à l´élection au Collège de France, en janvier 1999, de l´historien Gilles Veinstein, spécialiste de la Turquie, qui jugeait que les intentions criminelles du gouvernement turc de l´époque n´étaient pas bien établies (Le Monde du 27 janvier 1999). Le 9 février 1999, M. Chirac confirmait, par décret, la nomination de l´orientaliste.

 

INTERVIEW D´ALEXIS GOVCIYAN SUR SA CANDIDATURE AUX ELECTIONS EUROPEENNES DU 13 MAI 2004

Nouvelles d´Arménie Magazine : Vous allez vous présenter aux élections européennes sur la liste UDF dans la région sud-est. Serez-vous en position éligible ?

Alexis Govciyan : Dans cette région qui comprend Rhône-Alpes, Paca et la Corse, treize députés vont être élus. Et l´UDF me proposerait - les listes définitives seront déposées le 17 mai - la troisième place sur sa liste. La première revient à Thierry Cornillet, député européen sortant, ancien président du parti radical, ex vice-président du conseil régional Rhône-Alpe et ancien maire de Montélimar. Du fait de la parité, la deuxième place va à une femme. La troisième m´a été offerte. L´UDF pense avoir deux élus sûrs, probablement trois dans le sud-est.

NAM : Si vous êtes élu qu´allez-vous faire ?

A.G : En tant que citoyen européen, les valeurs que l´Europe véhicule me touchent tout particulièrement. Naturellement, je m´intéresserais davantage aux aspects liés aux droits de l´homme. Dans la mesure où je suis un responsable, arménien, et que j´ai participé à des combats comme celui de la reconnaissance du génocide par la France, je compte également travailler pour la cause arménienne. Il faut que l´Europe prenne conscience de ce sujet et que des porte-voix puissent se faire entendre dés qu´il y a des oublis ou des manquements dans ce sens. Il faut vérifier si la Turquie était candidate et pouvait entrer dans l´union européenne que les conditions de cette adhésion soient réunies. Or, il appartient au parlement de le décider. Là, le député a un rôle clé à jouer et je compte m´y employer.

NAM : Comment un seul député d´origine arménienne peut-il faire entendre la voix des Arméniens au parlement ?

A.G : Il y a un début à tout. Et si on avait préparé des générations politiques pour travailler dans ce sens, nous n´éprouverions pas les mêmes difficultés aujourd´hui face au lobbying de la Turquie et au laisser faire des exécutifs de certains pays. Je ne peux que prendre acte de cette situation. Actuellement, aucun députés d´origine arménienne ne siège au parlement. Mais on peut se retrouver seul et apporter une voix, tout dépend de la façon dont on travaille. Personnellement, je suis assez confiant. Je pense pouvoir être relativement utile comme j´ai pu l´être pour défendre la cause arménienne en France. N´oublions pas que nous ne sommes pas seuls.

NAM : De quels atouts disposons-nous ?

A.G : D´une capacité à avoir confiance en nous-mêmes car nous menons un combat juste. Nous avons droit à la justice, à la reconnaissance et à des réparations. Mais nous ne réussirons que si nous nous montrons ouverts et allons vers les non-Arméniens qui peuvent ou doivent faire quelque chose pour nous et avec nous. Finalement, notre cause est plus généralement celle des droits de l´homme. Enfin, il faut acquérir un esprit d´union car individuellement nous ne pouvons rien faire. En fait nous devons nous considérer comme des maillons d´une grande chaîne.

NAM : Ce scrutin marque votre première apparition sur la scène politique française. Qu´est-ce qui a motivé votre décision ?

A.G : Si j´aime la politique et crois en un certain nombre de valeurs, je ne suis pas pour autant un politicien. Je n´ai pas une vie d´engagé politique dans un parti. Mais je pense que le moment est venu pour moi d´aller plus avant dans cette direction. Lors des dernières élections européennes, en 1999, une offre m´avait déjà été faite par l´UDF. Elle m´a proposé la dixième place sur sa liste qui était encore une position éligible. Cependant, j´occupais alors les fonctions de président du Comité du 24 Avril et j´ai refusé jugeant que ce n´était pas le moment. Aujourd´hui, ma position est différente : je n´assume plus les mêmes responsabilités et je ne ressens plus la même difficulté à manier une position politique au sens parlement européen et un engagement communautaire arménien. Enfin, la dimension européenne de cette bataille me séduit. C´est transversal et les aspects de politique politicienne entrent moins en jeu que dans les élections locales.

NAM : Entrer en campagne c´est accepter de prendre des coups. Vous sentez-vous prêt?

A.G : Ce sera certainement difficile car c´est un monde parfois impitoyable. Mais la vie quotidienne, les responsabilités associatives et professionnelles sont également des lieux de lutte et de pouvoir. On y reçoit aussi des coups. Je ne pense pas que cette expérience sera très différente de ce que j´ai pu traverser jusqu´ici. Partout où il y a des hommes et des enjeux, les coups, y compris les coups bas, sont permanents. Moi, je n´en donnerai pas car ce n´est ni dans mes habitudes ni constructif. Mais si j´en reçois, je répondrai.

NAM : Vous avez été à la tête du Comité du 24 avril de et CCAF un an. Qu´est-ce que cette expérience vous a appris ?

A.G : Elle m´a conforté dans l´idée que l´on ne peut pas gagner si on ne réunit pas tout ce qui unit et on ne laisse pas de côté ce qui divise. Par ailleurs, cette présidence m´a une fois de plus prouvé que les problèmes personnels et organisationnels n´ont pas tellement d´importance. Ce qui compte réellement, c´est l´objectif et la manière d´y parvenir tout en étant moralement intègre. Sur la durée, on s´aperçoit que tout ce qui pouvait poser problème et générer des conflits a été oublié. Aujourd´hui, on ne retient qu´une chose : la reconnaissance du génocide a été votée.

NAM : Est-ce le combat qui vous tient le plus à cœur ?

A.G : Cette cause fait partie plus globalement de préoccupations que j´ai depuis toujours sur la nécessité de défendre les hommes et les femmes en difficulté, la vérité et la justice. On ne peut pas vivre si on ne s´intéresse pas aux autres et au monde en général.

NAM : D´où vous viennent ces préoccupations ?

A.G : De mes parents sans doute, de l´école surtout du temps où j´habitais Istanbul. On nous y enseignait une façon de se comporter vis-à-vis des autres. Nous baignions alors dans une logique chrétienne où la mort du prochain a un véritable sens. Et puis, il y a aussi les personnes que l´on peut rencontrer, comme Garabed Dakessian. Il rougirait de voir ici son nom mais avec lui, nous discutions beaucoup de philosophie, de politique et surtout de la condition des Arméniens. Quand on a 14-15 ans, l´ouverture politique a un sens mais tout dépend avec qui on l´a. On peut complètement la rater, devenir un légume et regarder les choses sans bouger. On peut aussi se sentir intéresser par le monde. C´est ce qui nous est arrivé.

NAM : Pourquoi êtes-vous venu en France ?

A.G : Ce pays m´a toujours attiré. J´avais appris les principes de 1789, la résistance, Missak Manouchian… J´avais l´impression qu´il y avait une culture du non. Puis, dés lors que j´ai appris que les Arméniens avaient été génocidés mais qu´il ne fallait pas en parler, je ne supportais plus l´idée de rester en Turquie. Enfin, d´un point vue matériel, ma tante et mon oncle habitaient Paris et acceptaient de m´accueillir. En France, je me suis senti bien. Je pouvais trouver tous les livres que je cherchais, aller dans des librairies y compris politiques, regarder la télé… C´était une vraie libération.

NAM : A quel moment vous êtes vous rapproché de la communauté arménienne de France ?

AG : Dés mon arrivée. Je suis allés à l´UGAB, j´ai fait partie de la troupe de théâtre, j´ai travaillé un peu avec Raymond Kevorkian et le docteur Khayguian au centre d´études arméniennes. Mais à l´époque, je recherchais une ouverture sur le monde, je ne voulais m´enfermer immédiatement dans un système arméno-arménien. Je me suis donc plutôt investie dans les organisation comme Amnesty internationale ou des associations pour le développement de l´emploi. Parallèlement, à 20 ans, j´étais déjà père de famille. Il fallait que professionnellement je puisse assumer ces nouvelles responsabilités. Donc tout en restant proche de la communauté, je ne me suis pas vraiment impliqué dans son organisation. L´accès aux responsabilités a commencé en 1991-1992 par une rencontre avec Levon Kebabdjian, chez des amis communs. En 1993, je suis devenu président de l´UGAB Paris et à partir de 1995, je représentais souvent l´UGAB au Comité du 24 avril. Un an plus tard, je me suis occupé de l´Association arménienne d´aide sociale dont l´objet m´intéresse. Et en 1998, j´ai été désigné président du Comité du 24 avril.

NAM : Quel regard portez-vous sur la communauté de France ?

A.G : Nos divisons peuvent apparaître importantes. Mais elles me paraissent plus conjoncturelles que structurelles car dés lors qu´il existe un véritable enjeu on se retrouve. Ce qui m´inquiète aujourd´hui, c´est le « je m´enfoutisme » de l´immense majorité qui ne s´implique pas dans les affaires arméniennes. Sans doute ne se retrouve-t-elle pas dans les structures et les projets définis. Nous nous sommes trop préoccupés des divisions entre nous. Nous nous sommes vraisemblablement trop positionnés les uns par rapport aux autres sans prendre la mesure des enjeux qui nous attendaient. Il faut maintenant que nous réfléchissions et innovions. Tout le monde doit s´y mettre. On y arrivera. On y est toujours arrivé. Nous sommes dans une phase de transition qu´il faut gérer intelligemment pour que les forces vives ne se perdent pas. Le risque existe. Il me paraît par exemple anormal que nous n´ayons pas davantage de responsable politique en France. Aujourd´hui, il faut se demander comment préparer des Arméniens pour qu´ils soient complètement impliqués dans la société en tant que Français mais qu´ils puissent aussi faire perdurer leur arménité, être utile à la communauté et à l´Arménie. Une approche citoyenne de l´arménité doit être proposée en France.

 

ENTRETIEN AVEC ALEXIS GOVCIYAN

2e trimestre 2004 - PAREV : Le Magazine du Conseil Communautaire Arménien de la Côte d´Azur n°21, page 22

Parev : Depuis plusieurs années, vous faites partie du paysage communautaire arménien et dans ce cadre, vous avez as-sumé des responsabilités. Aujourd´hui, qu´est-ce qui fait courir Alexis Govciyan ? En d´autres termes, où vous en êtes dans vos activités ?

En effet, j´ai eu la chance d´être choisi pour exercer des responsabilités dans le cadre communautaire, tout d´abord à l´Union Générale Arménienne de Bienfaisance, puis à l´Association Arménienne d´Aide Sociale dont je m´honore d´être le vice-président. C´est dans ce cadre que j´ai été délégué et élu à la présidence du Comité du 24 Avril qui a remporté la bataille de la reconnaissance par la France du génocide arménien de 1915. Cela se passait début 2001, déjà. Depuis il y eu la création du CCAF, le Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France dont j´ai assumé la première présidence jusqu´en octobre 2002. Je suis toujours membre actif au sein du Bureau du CCAF et j´essaie d´aider le plus possible notre Président actuel, Ara Toranian, dans ces périodes extrêmement délicates de tension et de montée en rythme pour ce qui concerne l´examen de la candidature de la Turquie à l´Union Européenne. Parallèlement et comme vous le savez, je suis le Président d´une organisation à vocation transnationale, Europe de la Mémoire, à la charte de laquelle ont adhéré une quarantaine d´organisations dont la Fédération Nationale des Déportés, Résistants et Patriotes, le Centre d´Oradour sur Glane, la Fondation Auschwitz de Bruxelles, le Conservatoire du Camp de Drancy, le Département d´Etudes de la Mémoire de l´Université de Westminster, la Topographie de la Terreur à Berlin, la Mosquée de Paris ou encore le Mémorial de Caen. Europe de Mémoire a pour mission de maintenir, de développer et de transmettre la mémoire depuis 1915 jusqu´à 1945, c´est à dire du génocide arménien jusqu´à l´ouverture des camps nazis et en particulier la Shoah. Il est absolument évident aujourd´hui que la dimension européenne de toute action doit être prise en compte et dans ce cadre, le travail entrepris par Europe de la Mémoire est important aussi en termes d´explication des tenants et aboutissants du génocide arménien et de la place qu´il faut désormais disposer pour notre mémoire dans l´histoire universelle. Comme vous pourrez le constater, ce qui motive mon action citoyenne, dans le cadre de la République Française, mais aussi et surtout dans celui de l´espace européen, c´est le respect de notre histoire, de notre patrimoine et de notre identité culturelle. Notre héritage, en tant qu´Arméniens, est très riche et plusieurs fois millénaires, même si les Turcs ont voulu nous anéantir sans toutefois y arriver. La rupture que représente le génocide doit être appréhendée dans ce cadre et nous devons tout faire pour que la Turquie reconnaisse et répare ce crime contre l´humanité. Elle ne peut prétendre à une quelconque candidature à l´Union Européenne si elle n´est pas en mesure d´assumer les pages noires de son histoire. De même, je considère que l´Arménie est la patrie de tous les Arméniens, malgré leur dispersion, même si cette patrie n´abrite pas tout le peuple arménien, mais qui reste la seule référence et la principale source d´arménité. C´est pourquoi, son indépendance et son intégrité territoriale doivent être garanties, et nous devons, chacun à sa place y contribuer notamment en participant à son développement économique et social. Enfin, et ce n´est pas le moindre, l´indépendance du Karabakh et son avenir nous concernent tout particulièrement. Les différentes responsabilités que j´ai assumées et qui sont encore celles d´aujourd´hui, ont, je crois ce fil conducteur d´ensemble qui réunit ce qui semble a priori épars.

Parev  : Dans vos propos, on croit déceler une certaine homogénéité dans l´action mais aussi une complémentarité évidente.
Comment est-il possible aujourd´hui d´être bien intégré dans la République, de se sentir européen tout en assumant son arménité ? Quelles sont les qualités qu´il faut avoir pour y arriver ?

Je ne crois pas qu´il y ait de recettes miracles ou de règles magiques. Plutôt que de qualités, je préfère parler de vertus de citoyens, lorsqu´on évoque les actions que nous entreprenons. Il me semble que le sens de la responsabilité, du devoir, de la disponibilité, de la transmission, de la vigilance et de l´espérance peuvent et doivent constituer ces vertus. En effet, comme le disait St Exupery, « être un homme, c´est être responsable » et cela doit nécessairement s´accompagner du sens du devoir, y compris de mémoire des victimes de génocides. Il ne s´agit bien évidemment pas de culte de mémoire, car nous serions alors dans une telle précarité et absence d´avenir que ce culte serait la seule garantie d´identité. Au contraire, il s´agit de respecter, de maintenir, de faire vivre et de transmettre la mémoire de « ces victimes sans armes, aussi innocentes que peuvent l´être des humains vaquant à leurs occupations » comme l´écrivait récemment Gérard Chaliand. La transmission est pour nous capitale. Rappelez-vous, ce mot vient du traditio en latin, dérivé du tradere, donc de la tradition. Pour nous, cela concerne l´héritage d´être et aussi d´avoir que l´on se transmet, et il y a naturellement un travail énorme à faire. Cela doit nous appeler aussi à une grande vigilance afin que les profanateurs de notre histoire et de notre mémoire, en particulier l´Etat Turc ne puissent plus impunément se permettre la négation de la vérité historique. Ce pays doit cesser de vivre dans l´indignité et comprendre que l´avenir s´écrira sur un passé apaisé et sur des bases clarifiées pour son peuple qui semble vivre dans l´ignorance, suivant en cela l´enseignement d´une histoire réécrite par la République Turque de 1923. Je parlais aussi d´espérance car nous avons foi en l´homme et nous espérons qu´il peut accomplir le meilleur. C´est pourquoi, il me semble important de travailler avec les démocrates turcs et tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté pour qu´ils construisent une Turquie meilleure, enfin éclairée et qui puisse reconnaître le génocide, évacuer Chypre, se débarrasse du joug de son armée et de ses islamistes, garantisse les droits de l´homme et permette à ses minorités de vivre décemment. Nous voulons y croire même si le pari paraît impossible et même s´il s´agit d´une Bastille aujourd´hui imprenable.

Parev  : L´histoire nous enseigne qu´il n´y a pas de Bastille imprenables et que tout est question de volonté et de ténacité. Que dites-vous de cela et comment pensez-vous que les uns, les autres puissent entreprendre ce travail ?

Dans l´histoire récente de l´humanité, pour ne parler que du 20ème siècle, les Bastille qui restent à prendre sont nombreuses. Elles ont pour noms, hier, Auschwitz, Sarajevo, aujourd´hui Jérusalem, elles concernent le génocide arménien de 1915 encore nié par la Turquie, les déportés de Drancy et les victimes des camps de la mort, des chambres à gaz, du Rwanda, les occupants des deux tours de New York, les usagers des trains espagnols ou bien les sans-abris, ici, chez nous, en France : c´est à dire le mal qu´il faut éradiquer, et ces nouveaux temples que devons reconstruire au service de l´humanité. Les responsables français et européens d´origine arménienne, comme leurs concitoyens actuels et futurs, devraient toujours avoir présents à l´esprit, me semble-t-il, les principes capitaux de l´humanisme et des valeurs universelles sans lesquels il ne saurait y avoir d´Europe. Sur l´essentiel, c´est-à-dire la démocratie, l´acceptation et le respect des autres, la paix et le développement harmonieux de tous, nous devrions pouvoir nous retrouver et travailler ensemble. Dans ce cadre, il me paraît essentiel de bénéficier de l´expérience du Conseil communautaire arménien de Côte d´Azur dont je connais l´action citoyenne, chaque fois qu´il s´agit de ces préoccupations. Les exemples sont tellement nombreux mais j´aimerais tout de même citer les excellentes relations que vous entretenez avec les responsables politiques et les collectivités, car vous avez su montrer à la hauteur des enjeux ce qui vous fait respecter et par là même, nous rendre, tous, ensemble, où que nous soyons, davantage visibles. De même, rien ne peut se réaliser sans l´implication de la jeunesse qui se trouve être la suite de la chaîne et pour ce qui concerne la transmission et la préservation de l´avenir, nous devons pouvoir travailler avec tous nos jeunes. C´est un impératif de survie identitaire. Bien entendu, il faut une sacrée dose de volonté et une grande ténacité pour arriver à trouver quelques petites solutions à ces immenses problèmes qui nous sont posés, mais c´est sans doute cela qui nous fait courir, ici et maintenant.

Cérémonie organisée par l´Europe de la Mémoire, dans le cadre des Journées Mémoires contre le Racisme, en février 2004. Aux côtés d´Alexis Govciyan et d´André Santini, Député-Maire d´Issy-les-Moulineaux, le Baron Eric de Rothschild, Président du Centre de Documentation Juive Contemporaine, Irène Savignon, Présidente de l´Association des enfants cachés Paroles d´étoiles et Jean Guéno, responsable à France Inter.

 

G2IA - Janvier 2004

DINER-CONFERENCE "24 AVRIL"
Article de Nadia Maro Deghirmendjian
LES NOUVELLES DU G2IA, , bulletin 79, pages 1 et 2

Chaque histoire a un début. Pour Alexis elle commence à l´adolescence, lorsque que ce jeune “stemboultsi” se demande pourquoi tant d´Arméniens sont morts en 1915. Cette histoire est celle du négationnisme du Génocide Arménien. Elle est toujours présente. Le combat continue, même si d´après le Garde des Sceaux, Monsieur Perben, l´article unique le la loi relative à la reconnaissance du Génocide Arménien suffit à entamer des procédures pour combattre le négationnisme devant les tribunaux.

Pour sa conférence-débat du mois de novembre, le G2IA avait invité Alexis Govciyan, ancien Président du “ Comité du 24 avril ”, devenu en 2001 le CCAF (Comité de Coordination des Associations Arméniennes de France), et auteur de “ 24 Avril ” (Ed. Cherche Midi). Ce livre relate les actions menées par les organisations arméniennes de France pour que leur pays d´adoption reconnaisse, par une loi, le premier Génocide du XXe siècle. Un public nombreux et intéressé était venu écouter le conférencier de marque.
Raymond H. Kévorkian a pris d´abord la parole pour constater que pour la première fois de son histoire, la communauté arménienne avait été portée par une fusion humaine : tous les antagonismes et discordes traditionnels avaient été mis de coté pour laisser la place à la raison et à l´union. Il a aussi souligné le sens politique et la souplesse dont a fait preuve le président du C24 dans cette aventure humaine et communautaire.
Alexis Govciyan a ensuite présenté son livre qui est un témoignage de moments exceptionnels. Comment la démarche communautaire a-t-elle abouti à la reconnaissance du Génocide et à la promulgation de la loi dont l´article unique stipule que "La France reconnaît publiquement le Génocide Arménien de 1915" ?
Il a ainsi expliqué les éléments clés la stratégie adoptée collégialement par les acteurs incontournables de la communauté arménienne.
La première stratégie fut celle de l´union. En effet, les Arméniens de France ont répondu sans réserve à l´appel d´union lancé par le Catholicos Karékine Ier, en 1995, pour marquer solennellement la 80ème commémoration du Génocide Arménien. C´est en cette année que le “ Comité du 24 avril ” a commencé à s´organiser.
Des partenariats solides et opérationnels se sont créés notamment avec le CDCA mais aussi avec le G2IA ; ce dernier a assuré une grande part du travail de secrétariat du Comité et a développé son site internet au sein du portail fédératif Armenweb.
A cela il faut ajouter un contexte favorable français, européen et international, mais aussi et surtout la position de l´Arménie. En effet, le discours du Président Robert Kotcharian prononcé en 1998 à l´ONU donna la force et la “ légitimité ” indispensable à la demande de reconnaissance du Génocide.
La seconde stratégie a été celle de l´ouverture de la communauté à l´ensemble de la société française. Il ne fallait plus faire de l´arméno-arménien. Très rapidement des liens ont été créés avec les syndicats, les défenseurs des droits de l´homme, les intellectuels, les différentes communautés (grecque, chypriote, juive…). Une union pour un objectif unique : la reconnaissance du Génocide Arménien dans l´histoire universelle.
Alexis Govciyan est ensuite revenu sur les moyens utilisés pour faire aboutir la loi et convaincre les élus (députés et surtout sénateurs) réfractaires : réunions nationales, colloques, relations avec les partis politiques, manifestations citoyennes et surtout mise en place et tenue du stand d´information devant le Sénat durant 150 jours.
Pour conclure cette présentation, Raymond. H Kévorkian a rappelé que la Turquie continue à déployer des moyens financiers et diplomatiques très importants pour défendre sa position négationniste et adresse, sans aucune crainte, des ultimatums à tel ou tel Etat pour imposer son entrée dans l´Union Européenne. En ce sens elle reste fidèle à elle-même.
La réunion s´est achevée sur un débat animé sur les conditions de lutte contre le négationnisme et sur la candidature de la Turquie dans l´Union Européenne.

 

CONFÉRENCE-DÉBAT ET FOIRE DU LIVRE A NICE

1er trimestre 2004 - PAREV : Le Magazine du Conseil Communautaire Arménien de la Côte d´Azur n°20, page 22

C´est le dimanche 30 novembre 2003 qu´a eu lieu la 3e Foire du Livre précédée d´une Conférence-Débat, en présence de M. Ragip Zarakolu, écrivain, journaliste et éditeur Turc. Nous nous rappelons du courage de son épouse aujourd´hui disparue, qui a avec courage et ténacité, et malgré les pressions épouvantables de son gouvernement, s´est battue en faveur de la vérité historique, concernant le génocide des Arméniens en 1915. Elle avait fait traduire et éditer en Turquie l´ouvrage d´Yves Ternon : " Les Arméniens, histoire d´un génocide ", ce qui lui a valu des mois de prison, sans compter les menaces directes ou indirectes de l´Etat turc. M. Zarakolu continue le même combat. Aussi son intervention était- elle attendue.


Les différents intervenants du jour

En parlant du génocide qui a anéanti le peuple arménien, il indiqua qu´une paranoïa s´est installée dans les sphères dirigeantes turques, en prétextant un hypothétique ennemi intérieur. Il affirme que pour lui et ses amis, le génocide est une réalité. Le négationnisme actuel de l´Etat turc continue le génocide et le conditionne. Pour que le peuple Turc soit un peuple serein et stable, il faut qu´il reconnaisse le génocide et demande pardon car le fait d´accepter la réalité signifie que l´on ne va plus recommencer ; en la reniant on laisse planer une menace pour les autres minorités vivant en Turquie, ainsi que pour les pays limitrophes comme l´Arménie. A la question pourquoi ont-ils décidé de travailler sur le génocide des Arméniens il répondit : " En 1990 en Turquie, la question Kurde s´est transformée en une bataille ouverte. Nous avons commencé à publier sur le tabou kurde. Nous avons pensé que cette guerre contre les Kurdes pouvait mener à un génocide. Suite à nos publications, il y a eu des réactions à tous les niveaux, comme pour le génocide arménien. (...) En 1994, notre maison d´édition a été dynamitée juste après que nous l´ayons quitté. Toutes les archives de notre maison d´édition ont été anéanties. En 1995, nous avons pris connaissance d´un rapport au sujet des opérations secrètes téléguidées par l´Etat, prouvant leur complicité dans cet attentat. Nous travaillons actuellement dans le sous-sol de notre maison. Nous avons eu finalement raison juridiquement parlant, et notre accusation de provocation a été abandonnée. Nous avons continué de publier et traduire des livres tels que " Les 40 jours de Musa Dagh " ainsi que d´autres écrivains turcs qui écrivent sur le génocide des Arméniens et que nous encourageons. " Pour terminer, M. Zarakolu, nous raconta une anecdote, concernant le procès que l´on avait intenté à son épouse pour la traduction du livre d´Yves Ternon, un juge lui avait demandé de prouver l´existence physique de celui-ci sous la forme d´un certificat, laissant entendre que cet écrivain pouvait sortir de son imagination. La demande a été formulée à Yves Ternon, lequel trouvant la question un peu saugrenue en fit part à son avocat, qui lui conseilla de ne pas donner suite à cette question, tellement c´était incroyable de la part d´un tribunal. Un avocat français ne pouvait comprendre la mentalité paranoïaque de la Turquie. A la fin de son allocution, toute la salle s´est levée pour l´ovationner longuement.

Suivaient ensuite les interventions des divers auteurs présents dans la salle. Le plateau était de qualité jugez plutôt : Dr Yves Ternon, M. le Professeur Jean-Pierre Mahé, M. Alexis Govciyan et M. Raymond Kévorkian. M. Ternon présenta son dernier livre : Mardin. Il y relate les massacres de Mardin en 1915 où plus de 2500 chrétiens ont été assassinés (Assyro- Chaldéens, Arméniens, Grecs...). Des témoignages et récits des pillages, enlèvements et viols ont été recueillis. On a retrouvé dans les archives du Vatican, des listes de victimes (plus de 500 noms ont été répertoriés sur 2500). Il fit ensuite allusion aux autres génocides qui ont émaillé le XXe siècle : Shoah, Tziganes, Rwanda, etc. Ces actes barbares ont été commis sur des peuples uniquement sur ce qu´ils sont, et non sur ce qu´ils font.

Raymond Kévorkian prit ensuite la parole pour parler de la nature des relations qui existaient entre l´élite Jeunes-Turcs et l´élite arménienne d´avant 1915. Il indiqua que depuis ces dernières années, de jeunes chercheurs font un travail remarquable sur ces événements et que dans les prochaines années apparaîtront des travaux historiques sur cette question. Alexis Govciyan présenta ensuite son livre " 24 Avril ". Il refit l´historique du Comité du 24 Avril dont il était le président, et qui a mené le combat jusqu´à son terme, la reconnaissance du génocide des Arméniens par le Parlement français en 2001 sous la forme d´un texte de loi. Mais il indiqua que le combat n´est pas encore terminé, car nous sommes à 12 ans du centenaire du génocide, et que le but suprême était plus que jamais la reconnaissance du génocide par la Turquie elle-même. Jean-Pierre Mahé prit alors la parole. Il nous fit part de ses remarques concernant les recherches historiques des différents épisodes du peuple arménien. Il fit le parallèle entre la France qui possède des archives nationales où nous pouvons puiser pour retrouver des documents de nos rois, des traités, etc. Par contre l´Arménie n´a pas cette chance. Il parla ensuite de la spoliation des travaux de l´architecte Toros Toromanian. Il avait écrit avec M. Strizygorski un ouvrage sur l´architecture arménienne. Toromanian a laissé des documents à Strizygorski avant de repartir en Arménie pour contribuer à son développement. Puis la 2e Guerre Mondiale a éclaté et tous les documents ont paru en Allemagne sous le seul nom de Strizygorski. La petite fille de Toromanian qui vit actuellement en Allemagne, a fait valoir ses droits sur les archives de son grand-père.

Cette Foire du Livre a attiré une nombreuse assistance intéressée tant par la qualité des interventions des auteurs, que des livres présentés quelle pu d´ailleurs acquérir et faire dédicacer après la conférence-débat. Enfin, pour clôturer cette édition 2003 de la Foire du Livre, un cocktail fut offert à l´assistance.

Cette manifestation a pu être réalisée grâce au soutien du Conseil Général des Alpes- Maritimes et du Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d´Azur.

 

LA CONSTRUCTION EUROPEENNE : NE PAS OUBLIER POUR MIEUX REUSSIR L´AVENIR.

3e trimestre 2003 - AZAD MAGAZINE n°105, page 20
Article de Eric Moreno